3D
 

Image 3D, Dessins, Photographies (Japon, Ecosse, Amérique du Sud), Récit de voyage (Cordillère des Andes), Poésie, fresque dramatique. Voilà ce dont je traite dans les pages qui suivent. Mais j'y parle aussi d'un passé nostalgique et de ma muse: Katsuhiro Otomo.

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Pour un Monde Meilleur

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La Pillule, tout un symbol...

 

L'aphorisme du jour!

 

« Travail et ennui – Se trouver un travail pour avoir un salaire – voilà ce qui rend aujourd’hui presque tous les hommes égaux dans les pays civilisés ; pour eux tous le travail est un moyen et non la fin ; c’est pourquoi ils mettent peu de finesse au choix du travail, pourvu qu’il procure un gain abondant. Or, il y a des hommes rares qui préfèrent périr plutôt que de travailler sans plaisir : ils sont délicats et difficiles à satisfaire, ils ne se contentent pas d’un gros gain lorsque le travail n’est pas lui-même le gain de tous les gains. De cette espèce d’hommes rares font partie les artistes et les contemplatifs, mais aussi ces oisifs qui passent leur vie à la chasse ou bien aux intrigues d’amour et aux aventures. Tous cherchent le travail et la peine lorsqu’ils sont mêlés de plaisir, et le travail le plus difficile et le plus dur, s’il le faut. Sinon, ils sont décidés à paresser, quand bien même cette paresse signifierait misère, déshonneur, périls pour la santé et pour la vie. Ils ne craignent pas tant l’ennui que le travail sans plaisir : il leur faut même beaucoup d’ennui pour que leur travail réussisse. Pour le penseur et pour l’esprit inventif, l’ennui est ce “calme plat” de l’âme qui précède la course heureuse et les vents joyeux ; il leur faut le supporter, en attendre l’effet à part eux : - voilà précisément ce que les natures inférieures n’arrivent absolument pas à obtenir d’elle-même ! Chasser l’ennui à tout prix est aussi vulgaire que travailler sans plaisir. Les Asiatiques se distinguent peut-être de cela des européens qu’ils sont capables d’un repos plus profond ; leurs narcotiques même agissent plus lentement et exigent de la patience, à l’encontre de l’insupportable soudaineté de ce poison européen : l’alcool. »

 

Nietzsche : Le Gai Savoir, §42

 

 

 

La Phrase du jour!

 

« A cause de leurs dimensions considérables et de leur organisation supérieure, les sociétés occidentales et modernes paraissent échapper à la loi du retour automatique de la violence. Elles s'imaginent donc que cette loi n'existe pas et n'a jamais existé. Elles qualifient de chimériques et de fantasmatiques les pensées pour qui cette loi est une formidable réalité. Ces pensées sont mythiques assurément, puisqu'elles attribuent 1'operation de cette loi à une puissance extérieure à 1'homme. Mais la loi elle-même est parfaitement réelle ; le retour automatique de la violence à son point de départ, dans les rapports humains, n'a rien d'imaginaire. Si nous n'en savons rien encore ce n’est peut-être pas parce que nous avons échappé définitivement à cette loi, parce que nous 1'avons « dépassée », mais parce que son application, dans le monde moderne, a été longuement différée, pour des raisons qui nous échappent. C'est là, peut-être, ce que 1'histoire contemporaine est en train de découvrir. »

 

RENÉ GIRARD : La violence et le Sacré

 

 

 

La Parole du jour!

 

« Nous sommes l’un contre l'autre, nos têtes se touchent, nous lisons tous deux un bon livre : je sens une petite veine battre sur tes tempes, je t'entends vivre, tu m'entends vivre, ton sourire naît sur ma bouche avant de naître sur la tienne, tu réponds sans paroles à ma question silencieuse, tes pensées sont les miennes comme les deux ailes d'un même oiseau noyé dans l'azur du ciel... Les dernières cloisons sont abolies et notre amour est si calme, si profond, que rien ne nous sépare, que nous n'éprouvons même pas le besoin d'échanger une parole, un regard... Nous ne désirons que respirer ensemble, vivre ensemble, être ensemble... sans même nous rendre compte que nous sommes ensemble... Ou bien j'imagine cette claire matinée de septembre ou nous nous sommes promenés au jardin désert, mais encore fleuri, d'un château délaissé, sur les bords d'un grand fleuve étranger, à la lumière tendre d'un ciel sans nuages. Comment exprimer tout ce que je sentais alors ? Ce fleuve qui coulait comme un infini, cette solitude, ce calme, cette joie, cette sorte de tristesse enivrante, cette atmosphère de bonheur, cette ville inconnue et uniforme, les cris des corbeaux d'automne dans les arbres hauts, ces tendres paroles et ces tendres sourires, ces regards échangés, longs, doux et pénétrants, cette beauté en nous, autour de nous, de toutes parts, tout cela est plus grand que la parole humaine. »

 

TOURGUENIEV : Assez

 

 

La Question du jour!

 

« Ce monde n’est pas quelque chose de vague et qui se gaspille, rien qui soit d’une étendue infinie, mais, étant une force déterminée, il est inséré dans un espace déterminé et non point dans un espace qui serait vide quelque part. Force partout, il est jeu des forces et onde des forces, à la fois un et multiple, s’accumulant ici tandis qu’il se réduit là bas, une mer de forces agitées dont il est la propre tempête, se transformant éternellement dans un éternel va-et-vient, avec d’énormes années de retour, avec un flot perpétuel de ses formes, du plus simple au plus compliqué, allant du plus calme, du plus rigide et du plus froid au plus ardent, au plus sauvage, au plus contradictoire, pour revenir ensuite de la multiplicité au plus simple, du jeu des contradictions aux joies de l’harmonie, s’affirmant lui-même, même dans cette uniformité qui demeure la même au court des années, se bénissant lui-même parce qu’il est ce qui doit éternellement revenir étant un devenir qui ne connaît point de satiété, point de dégoût, point de fatigue : ce monde, qui est le monde tel que je le conçois ce monde dionysien de l’éternelle création de soi-même, de l’éternelle destruction de soi-même, ce monde mystérieux des voluptés doubles, mon “part delà le bien et le mal” sans but, si ce n’est un but qui réside dans le bonheur du cercle, sans volonté, si ce n’est pas un cercle qui possède la bonne volonté de suivre sa vieille voie, toujours autour de lui-même et rien qu’autour de lui-même : ce monde, tel que je le conçois, qui donc a l’esprit assez lucide pour le contempler sans désirer être aveugle ? »

 

Nietzsche : Volonté de Puissance, §385

 

Sit réalisé par Gérald Ligonnet

 

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(c) Amp.Prod

 

 

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